Des souris ou des hommes - Par Emmanuel MERCINIER

01 novembre 2010
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L'année dernière, la Conférence du barreau de Paris (1) s'était insurgée contre ce que le Palais de justice compte de plus indergroud : le "dépot" et la "souricière". Ce sont ces lieux par lesquels transitent, chaque jour, près de deux cents personnes poursuivies, avant d'être présentées à leurs juges. Celles qui sortent de garde à vue passent la nuit au dépôt; celles qui arrivent de maison d'arrêt restent quelques heures à la souricière. Mi-prison, mi-commissariat, ces geôles souterraines se distinguent toutefois de l'enfer: ceux qu'on y trouve n'ont pas encore été jugés, tous sont présumés innocents.

L'indignité des lieux est notoire. A la souricière, trois personnes s'entassent dans chaque cellule: moins de trois mètres carrés, latrines comprises. La vétusté le dispute à la crasse; des excréments jonchent les murs; les odeurs sont tenaces, forcément.

 

Emmanuel Mercinier, Avocat à la Cour, cabinet VIGO

 

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Article rédigé par : Emmanuel Mercinier