Rwanda, un procès français

10 février 2014
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C'est un procès pour l'histoire qui s'ouvre aujourd'hui. Le premier en France contre "crime contre l'humanité" depuis ceux de Klaus Barbie, Paul Touvier et Maurice Papon, les complices zélés de la barbarie nazie.
Les débats qui débutent vont pourtant au-delà du parcours sanglant de Pascal Simbikangwa, bourreau présumé dont il appartiendra aux jurés populaires de dire le rôle qu'il a joué dans le génocide des Tutsis.
Devant la cour d'assises de Paris, c'est une page de l'histoire ambigüe entre la France et le Rwanda qui s'écrit. Car quand la Belgique, la Norvège, l'Allemagne et la plupart de ses voisins européens jugeaient et condamnaient les génocidaires hutus, la justice française s'employer à laisser s'enliser les procédures, à laisser courir les suspects et à faire en sorte qu'aucun des dossiers n'aboutisse.
Des manœuvres si douteuses qu'elles lui valurent, en 2004, d'être condamné par la Cour européenne des droits de l'homme. En même temps que Simbikangwa, c'est cette justice dévoyée, longtemps symbolisée par le juge Jean-Louis Bruguière, l'inventeur odieux du double génocide, qui en procès à Paris. Mais si, avec vingt années de retard, la France rejoint la plupart des grands pays occidentaux et le Rwanda lui-même dans le jugement d'un des plus épouvantables massacres du siècle, ce procès ne suffit pas. Il reste à aller au bout de toutes les procédures en cours. Il reste surtout àfaire la lumière sur le rôle de Paris au début des années 90, avant et pendant le génocide rwandais. Car si la justice n'a pas vocation à écrire l'histoire, elle doit pouvoir l'éclairer.

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Article rédigé par : admin