M le magazine du Monde : Stages de garde à vue pour chefs d' entreprise

06 juillet 2017

Arriver à la convocation avec trois couches de vêtementsun tee-shirt, une chemise qui sera pliée durant la nuit et enfilée avant de voir le juge, et un pull qui servira d’oreiller. Ne pas hésiter à exercer son droit à voir un médecin pour lui deman­der un cachet pour dormir. Ne jamais réagir aux propos de tiers qui, cités par les officiers de police judiciaire (OPJ), peuvent être tronqués et sortis de leur contexte. Ne pas chercher à se justifier. Ne pas « sonoriser » le silence. Si une question n’est pas claire, demander à ce qu’elle soit reformulée. Depuis quelques semaines, c’est ce genre de conseils que les avocats spécialisés en droit pénal des affaires dispensent aux « cols blancs » lors de séances de formation… à la garde à vue.

C’est une conséquence inattendue de la mise en application, depuis le Pr juin, de la loi Sapin Il sur la moralisation de la vie économique : soumis à une batterie de nouvelles contraintes en matière de trans­parence, de plus en plus de chefs d’entre­prise suivent des séances de coaching. « Désormais, la loi prévoit que les entre­prises de plus de 500 salariés appliquent un plan de détection des fraudes et de sensibilisation à la probité. Elle consolide aussi le statut des lanceurs d’alerte. Pour les chefs d’entreprise, le risque d’exposi­tion des enquêtes augmente, et ils veulent être prêts », constate Kami Haeri, associé chez August Debouzy.

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Article rédigé par : admin