Profession avocat, origine d'un malaise

20 avril 2016

La profession d’avocat est en pleine mutation.De plus en plus tournée vers le monde des affaires,elle voit également son image écornée par plusieurs enquêtes judiciaires.Sans compter que l’un de ses principes fondateurs, le secret professionnel, est aujourd’hui remis en cause.État des lieux.

En avril 2015 , le cabinet Day One publiait une étude sur le poids économique du droit en France. On y apprenait notamment que les 60 000 avocats de l’Hexagone généraient 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Une somme astronomique dont environ 90 % dépendrait des prestations vendues aux entreprises. Il n’est donc guère surprenant que de plus en plus de robes noires s’en remettent exclusivement à cette clientèle particulièrement solvable. Au barreau de Paris, qui concentre près de la moitié des effectifs de la profession, les avocats d’affaires représentent d’ailleurs 40 % des effectifs et 60 % des honoraires.

« Dès l’université, le moule psychologique se met en place : il faut faire du droit des affaires, intégrer un grand cabinet. » Avi Bitton a un temps fait partie de ces cabinets anglo-saxons, véritables multinationales du droit, avant de créer un syndicat : Manifeste des avocats collaborateurs (MAC). Me Bitton en veut à cette taylorisation du droit, une armée de petites mains — quelque 5 000 avocats dits « collaborateurs » — effectuant tout le travail en amont pendant que les ténors du cabinet paradent devant les clients : « En théorie, le collaborateur a le droit de développer sa propre clientèle personnelle. Mais dans ces cabinets de 200 à 300 avocats, gérés comme des firmes, avec des rythmes de travail incroyables, jusqu’à 80 heures par semaine, où le travail des uns et des autres est contrôlé informatiquement heure par heure, on n’a tout simplement pas le temps. » Et si certains ironisent parfois sur ces avocats d’affaires qui ne plaident jamais, c’est oublier bien vite que la plaidoirie à la barre d’un tribunal ne représente désormais qu’une part infinitésimale du travail de leurs confrères pénalistes. Le conseil au client, parfois accompagné de sa prise en charge médiatique, a supplanté le reste. « À un certain niveau, nous ne faisons plus notre travail d’avocat mais quasi exclusivement de la gestion de relation client », soupirait l’un d’entre eux dans La lettre de l’Expansion, en septembre 2014.

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Article rédigé par : admin